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LITTERATURE POPULAIRE

Le roman de science-fiction.

La science-fiction, ou SF, est un genre romanesque qui fait intervenir un stade technologique ou scientifique imaginaire et, dans la plupart des cas, futuriste. Le roman de Mary Shelley (1797-1851) Frankenstein (1818) fut le célèbre précurseur du genre.
Mais les deux fondateurs de la science-fiction apparaissent au me siècle. Il s'agit du Français Jules Verne (1828- 1905) et de l'Anglais Herbert George Wells (1866-1946). Les romans de Verne comme De la Terre à la Lune (1865) et Vingt Mille Lieues sous les mers (1870) combinent à la fois la recherche technique, le parcours initiatique, le rêve et l'ambition humaine de dominer le monde. Les romans de Wells introduisent des thèmes qui domineront longtemps le monde de la SF : le voyage dans le temps avec la Machine à explorer le temps (1895), l'invasion d'extra-terrestres dans la Guerre des mondes (1898) et l'expérimentation chirurgicale dans l'île du docteur Moreau (1897).
Après 1945, le développement, aux États-Unis, des technologies de l'espace, de l'énergie nucléaire ou de l'informatique donne une impulsion fabuleuse aux thèmes des explorations fictives, de l'utopie scientifique, de la découverte de races extra-terrestres, de l'abolition de l'espace-temps. Cet essor a révélé un nombre impressionnant d'auteurs, d'Isaac Asimov à Roger Zelazny.
Récemment, la SF «nouvelle vague», représentée par des écrivains anglais comme James Graham Ballard (né en 1930) ou Michael Moorcock (né en 1939), s'est enrichie d'une réflexion angoissée et approfondie sur les problèmes que posent à notre société les moyens techniques dont elle se dote. Ces écrivains ne font en fait que renouveler une vieille préoccupation d'une partie de la SF dite «sérieuse» : les conséquences négatives du progrès infini sur l'avenir de l'humanité. Aldous Huxley (1894- 1963) et George Orwell (1903-1950) avaient déjà exposé leurs visions effrayantes d'un tel avenir dans, respectivement, le Meilleur des mondes (1932) et 1984 (1949).
Le genre fantastique est affilié à la SF, quoique la part de la fiction y soit réévaluée par rapport à celle de la science. Le surnaturel et la magie s'insèrent naturellement dans une intrigue mouvementée et située dans une période protohistorique. L’œuvre la plus marquante est due à l'Anglais John Ronald Reuel Tolkien (1892-1973), auteur de Bilbo le Hobbit (1937) et du Seigneur des Anneaux (1954-1955), au style épique, fantastique et médiéval.

En marge de la littérature fantastique, certaines œuvres de fantaisie, souvent destinées à un lectorat jeune, obéissent aux mêmes règles irrationnelles : Alice au pays des merveilles (1865) de Lewis Carroll (1832-1898) et Pinocchio (1883) de l'Italien Carlo Collodi (1826-1890).

Le roman rose ou sentimental

Le roman rose ou sentimental s'adresse presque exclusivement à un lectorat féminin. Ses thèmes se concentrent sur les péripéties de l'amour. De façon invariable, l'amour est menacé au cours de l'intrigue, avant que l'héroïne ne prouve qu'elle est digne et capable de conquérir l'homme qu'elle aime.
Plus que toute autre forme de littérature populaire, les romans d'amour reposent sur des intrigues conventionnelles, des personnages stéréotypés et de multiples clichés d'écriture. Ils ressortissent à ce que l'on appelle de façon péjorative la «littérature de gare». L'Angleterre s'est fait une spécialité de ce genre. Des écrivains comme Catherine Cookson (1906-1998), Georgette Heyer (1902-1974) et, surtout, Barbara Cartland (1901-2000) , composent en série d'innombrables romans plus ou moins semblables, en un temps record. En France, des auteurs comme Guy des Cars (1911-1993) ou Delly, nom de plume de Jeanne-Marie Petitjean de La Rosière (1875-1947) et de son frère Frédéric (1876-1949) touchent un public identique.
Le succès des romans d'amour, qui donnent des femmes une image conventionnelle faite de passivité et de soumission, révèle l'existence de problèmes réels dans la vie de nombreuses femmes. Les dénouements heureux que proposent ces romans suggèrent une certaine accommodation des femmes à leur condition dans une société dominée par les hommes. Outre leur réputation de médiocrité littéraire, la critique féministe dénonce les satisfactions illusoires qu'apportent les romans d'amour, car ils conforteraient les femmes dans leur situation.

Le « best-seller »

Tout roman qui connaît un grand succès d'édition acquiert du même coup le statut de best-seller, qui signifie «qui se vend bien». Mais, au sens large, le best-seller désigne une catégorie bien particulière de romans sans prétention littéraire et de courte «durée de vie», mais dont le style et l'intrigue, ainsi que la diffusion, sont planifiés dans l'unique but d'obtenir un profit rapide.

De tels romans situent généralement leurs intrigues dans le monde actif et fascinant de la haute société et des milieux d'affaires. Ils sont consacrés à des sujets tels que la mafia, la corruption financière et la lutte pour le pouvoir. Leur action est pimentée d'ingrédients essentiels tels que le sexe et la violence. Les romans de l'Américain Harold Robbins, dont les ventes dépassent les deux cents millions d'exemplaires, et du Français Paul-Loup Sulitzer représentent les archétypes du genre.