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COLOMBA.


Colomba est une nouvelle de Prosper Mérimée, publiée en 1840.

Colomba
Colomba, BD de F. Bertocchini

Après la bataille de Waterloo, Orso della Rebbia, lieutenant, dans les armées de Napoléon, retourne dans sa Corse natale qu'il avait quittée tout jeune. Deux ans auparavant, son père a été tué ; on disait au pays que le meurtrier était un Barricini (famille ennemie de la sienne). La vie sur le continent, l'éducation reçue avaient affaibli chez le jeune homme le sens de la vendetta si bien qu'il tendait à accepter la version officielle du crime qui innocentait les Barricini. Mais l'ambiance insulaire, celle de Pietranera, son village natal, l'esprit têtu et ardent de sa sœur Colomba qui attendait son retour en vue de l'accomplissement du devoir sacré, tout cela ravive en lui les vieilles passions.

Le préfet d'Ajaccio tente de réconcilier les deux familles et fournit un témoignage qui, aux yeux perçants de Colomba a tout l'air d'être une nouvelle machination de ses ennemis. Le doute n'est plus permis à Orso et la guerre reprend entre les deux familles. Alors qu'il se promène dans la campagne, les deux frères Barricini aux aguets font feu sur lui ; blessé, il riposte de deux coups de fusil, tuant l'un et l'autre. Puis il prend le maquis en compagnie de deux bandits de sa connaissance.

Colomba le rejoint ; elle est accompagnée de Miss Nelvil, jeune Anglaise installée à Pietranera et déjà éprise d'Orso. A dos de cheval, elles le font transporter à la maison ; les soldats lancés à la poursuite du bandit arrêtent les deux jeunes filles qui sont aussitôt relâchées par le préfet. Orso guérit ; il est mis hors de cause et épouse Miss Nelvil. Il ne lui reste plus qu'à quitter l'île et Colomba le suit. Quant au vieux Barricini, il perd la raison.

ANALYSE

La parfaite construction de cette nouvelle en fait presque une tragédie l'atmosphère est bien rendue avec les anciennes coutumes, la figure rude des populations et celle des bandits ; Colomba, vierge vengeresse, se dresse fière et pure. Le style est dépouillé, net, de haute tenue littéraire. L'auteur s'élève bien au-dessus de son roman, mais le soin consacré à son art prouve qu'il n'en est pas tout à fait détaché. Une seule imperfection peut être relevée dans ce chef-d’œuvre : Miss Nelvil et son père sont des personnages bien conventionnels.

Diverses œuvres ont été inspirées de la nouvelle de Mérimée : Colomba, d'Alexandre Campbell Mackenzie (1847-1935). Londres, 1883 Colomba de Victor Radeglia, Milan, 1887 ; Colomba de Henri Paul Büsser (1872-1973), Paris. 1920 ; Colomba de Nicolas van Westerhout (1862-1898), Naples, 1923.