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Clément MAROT

Clément MAROT, poète français, fils Jean Marot, né à Cahors vers 1495, mort à Turin en 1544. Page chez Villeroy, valet de chambre chez Marguerite d'Alençon, sœur de François Ier (1518), il remplit enfin chez le roi cette même charge dans laquelle il succédait à son père. Fait prisonnier à Pavie (1524), il fut relâché peu après. En 1526, 1527 et 1532, il fut en butte à des accusations d'hérésie; arrêté, il ne dut sa délivrance qu'à l'intervention de puissants protecteurs; en 1534, il fut impliqué dans l'affaire des  « placards », et, cité à comparaître, il s'enfuit à Bordeaux, puis en Béarn à la cour de Marguerite de Navarre, et enfin à Ferrare, où il fut accueilli par Renée de France, sœur de Louis XII, qui avait embrassé le protestantisme. Après un séjour à Venise, il obtint la permission de rentrer en France et reparut à la cour. Un prêtre de Beauvais, Sagon, écrivit contre lui un violent pamphlet. Vers 1540, peut-être à la prière de Marguerite de Navarre, il se mit à traduire les Psaumes en vers ; mais sa traduction, accueillie avec enthousiasme par la cour et les protestants, fut censurée par la Sorbonne ; il prit peur, et s'enfuit à Genève, d'où il fut expulsé ; enfin, il se retira à Turin, où il mourut peu après. — Sa première œuvre est : le Temple de Cupido (1515), poème allégorique dans le goût du moyen âge, où l'on retrouve les personnages du Roman de la Rose. Sa détention de 1532 lui inspira l'Enfer, sombre peinture du Châtelet. Ses meilleures œuvres sont des pièces fugitives, qui sont comme la chronique de sa propre vie : certaines Epitres et quelques Rondeaux, petites merveilles de grâce, d'esprit, parfois de sensibilité. Ces qualités se retrouvent dans quelques Epigrammes, Ballades et Etrennes. Ses pièces officielles : Chants royaux, Chants nuptiaux, Cantiques, Epitaphes, etc., sont au contraire alambiquées et pédantesques. Les Psaumes ne rendent nullement les beautés de l'original. Marot traduisit plusieurs ouvrages de l'antiquité, et il fut l'un des premiers à importer en France le sonnet et l'élégie italienne. Il écrivit enfin, dans ses dernières années, des espèces de méditations religieuses (Sermon du bon Pasteur et du mauvais ; le Riche en povreté ; le Balladin). Par sa versification et sa langue, Marot se distingue à peine des rimeurs de l'époque précédente, et tous les genres qu'il traite (sauf peut-être l'élégie) étaient déjà connus avant lui. Loin d'être le premier poète des temps modernes, il est plutôt en poésie le dernier représentant du moyen âge.

Jean MAROT

Jean MAROT, poète français, de son vrai nom DESMARETZ (dont Marot est un diminutif), né à Caen vers le milieu du XVe siècle, mort en 1524. On le trouve à partir de 1471 à Cahors ; il devint en 1506 secrétaire d'Anne de Bretagne et, après la mort de celle-ci, valet de chambre de François Ier (1514). Poète attitré de la petite cour d'Anne de Bretagne, il versifia d'abord une apologie des femmes [la Vray-disante advocate des dames] (1506) et un poème didactique sur leurs devoirs de société (le Doctrinal des princesses et nobles dames). Le Voyage de Gênes (1507) et le Voyage de Venise (1509) sont de véritables chroniques, en vers mêlés de prose, où il raconte les deux expéditions de Louis XII en Italie, dans un style ferme et vigoureux. Jean Marot est encore un écrivain du moyen âge : il abuse de l'allégorie, des recherches de versification. Cependant, il a déjà quelques-unes des qualités que montrera son fils.