IN LIBRIS

LAMENNAIS


Félicité Robert De LA MENNAIS ou, d'après l'orthographe adoptée par lui-même en 1834 LAMENNAIS. Il naquit  à Saint-Malo en 1782, d'une famille anoblie par Louis XVI, mort à Paris en 1854. Il ne fut ordonné prêtre qu'en 1816, à trente-quatre ans. En 1817, il publia le premier volume de l'Essai sur l'indifférence en matière de religion, et ne termina la publication de cet ouvrage qu'en 1823 : il y représentait l'Eglise comme la dépositaire de toute vérité. La Défense de l'Essai (1821), le traité : De la religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et civil (1824), une traduction de l'Imitation de Jésus-Christ (1824), les Progrès de la Révolution et de la guerre contre l'Eglise (1829), mirent le sceau à sa réputation. Il attira l'élite des jeunes catholiques libéraux auprès de lui, dans son manoir de la Chesnaie.

Lamennais
Lammenais

Après la révolution de 1830, il fonda le journal l'Avenir où il préconisa l'alliance de l'Eglise et de la liberté. Le pape Grégoire XVI, dans l'encyclique Mirari vos, désavoua les opinions de La Mennais, sans toutefois le nommer : ses amis adhérèrent, l'un après l'autre, à la décision pontificale  ; lui-même fit acte de soumission (1833). Mais, en 1834, il rompit ouvertement avec l'Eglise, en chargeant Sainte-Beuve de publier les Paroles d'un croyant, que Grégoire XVI condamna aussitôt dans l'encyclique Singulari nos. A partir de ce moment, Lamennais s'écarta de plus en plus de la foi catholique, en écrivant coup sur coup : les Affaires de Rome (1836) ; le Livre du peuple (1837) ; Esquisse d'une philosophie (1840) ; Amschaspands et Darvands (1843).

Inquiet de ses théories socialistes, le gouvernement de Juillet obtint contre lui, en 1840, une condamnation à un an d'emprisonnement. Elu, en 1848, représentant à l'Assemblée nationale, Lamennais siégea à l'extrême-gauche. La fin de sa vie fut attristée par des difficultés matérielles. Il fut, d'après sa demande, enterré « au milieu des pauvres ». Dans les partis extrêmes et opposés où il s'est placé tour à tour, Lamennais s'est montré également fougueux, penseur vigoureux, mais à la fois absolu et mobile, écrivain éloquent, puissant, mais excessif. Ses Œuvres complètes, imprimées en 1836 et en 1844, ont été suivies de la publication de sa Correspondance et de ses Œuvres posthumes, comprenant la traduction de la Divine Comédie.