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LES CONTES DE GRIMM.


 Recueil de contes de fées, de source populaire, œuvre des frères Jacob (1785-1863) et Wilhehn (1786-1859) Grimm, publié en 3 volumes de 1812 à 1822. Il est à rapprocher du Cor merveilleux de l’enfant d’Achim von Arnim et C. Brentano, qui donna aux Grimm la première idée de leur ouvrage. Dans l'esprit des auteurs, il devait être un monument élevé à la poésie populaire, recueillant de la bouche du peuple le peu qui restait de la vaste production populaire du Moyen Age germanique. Les premières sources des auteurs furent leurs propres souvenirs d'enfance, ceux des filles du pharmacien Wild répétant les fables de « la vieille Marie », les récits de simples gens du peuple. Ils s'efforcèrent de conserver non seulement les récits, mais le ton même et les expressions des conteurs, et c'était là, une géniale innovation. Même lorsque, par la suite, les frères Grimm eurent recours à des sources littéraires (Luther, Hans Sachs, Moscherosch, Jung-Stilling et d'autres), ils s'efforcèrent de retrouver sous les embellissements de l'écrivain l'ingénuité primitive du canevas et du style (proverbes, répétitions, etc.). Guidés par une vive sensibilité poétique, ils surent donner à leurs contes une rare fraîcheur : peu d'ouvrages nous permettent d'atteindre avec moins de peine à la profonde et mystérieuse intimité de la nature germanique.

Le recueil des Grimm comprend plus de deux cents contes. Parmi les plus célèbres (dont plusieurs déjà racontés par Perrault) sont : Blanche-Neige, l'Heureux Jeannot, la Belle au Bois Dormant. Cendrillon. Hansel et Gretel, le Petit Poucet, Rumpelstilzchen, les Nains magiciens, Rapunzel, le Petit Chaperon Rouge, l'Histoire de celui qui s'en alla de par le monde pour apprendre à frissonner, les Musiciens de la Fille de Brême, Barbe Bleue, etc.

La publication des Contes représente l'un des grands événements littéraires du début du XIXe siècle, non seulement parce que l'ouvrage, devenu le livre de la jeunesse allemande, forma l'esprit de toute une suite de générations, mais aussi parce qu'il fut à l'origine d'une polémique intéressante entre les Grimm et les auteurs du Cor merveilleux. Brentano et von Arnim avaient suivi une tout autre méthode dans leur recueil de chants populaires, en procédant à une élaboration de la forme. Les deux poètes trouvaient que la rédaction des Contes était pauvre et sans grâce ; ils ne faisaient pas de distinction entre poésie populaire et poésie artistique, et leur reconnaissaient les mêmes droits. Pour les Grimm au contraire, la poésie artistique ne pouvait que s'efforcer (et en vain) de ressembler à la poésie populaire qui témoigne, aussi bien dans ses grandes épopées que dans ses simples fables, d'une force poétique métaphysique contemporaine de la naissance de l'humanité.
Les Contes des Grimm ont été traduits dans toutes les langues.