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Gustave FLAUBERT

romancier français, né à Rouen en 1821, mort dans sa propriété de Croisset (Seine-Maritime) en 1880. Il commença d'abord des études médicales qu'il abandonna pour se consacrer à la littérature. Il ne vécut guère que pour' son œuvre, menant une sorte d'existence de cénobite littéraire dans sa maison de Croisset. En 1857 il publia son roman de Madame Bovary, qui fut poursuivi comme immoral ;
puis une évocation de la vie carthaginoise : Salammbô (1862) ;
l'Education sentimentale (1874) ;
la Tentation de saint Antoine, sorte de méditation théologique et philosophique que Flaubert avait remaniée pendant vingt-cinq ans (1874) ;
Trois contes (la Légende de saint Julien l'Hospitalier, Hérodias, Un cœur simple) [1877]. Après sa mort, on a publié un roman inachevé, Bouvard et Pécuchet (1881), satire de la sottise bourgeoise ; un livre d'impressions de voyage, Par les champs et par les grèves (1885), une abondante correspondance et de nombreuses œuvres de jeunesse qu'il n'avait pas voulu publier.
Il y avait, en Flaubert, deux hommes qui s'opposaient violemment. Par tempérament, il était pleinement romantique. Dans sa vie, sa correspondance, son œuvre, ce romantisme se traduit par une haine grandiloquente du bourgeois, dont il a fait la caricature, d'ailleurs vigoureuse, dans le Monsieur Homais de Madame Bovary, et dans Bouvard et Pécuchet. Du romantisme Flaubert a gardé le goût du pittoresque somptueux, des tableaux éclatants, fourmillant d'une vie bigarrée et violente.
Mais en même temps Flaubert détestait le romantisme. Il lui déclarait la guerre. Il dénonçait en lui deux perversions haïssables : le goût de la confidence larmoyante, et le dédain des réalités de la vie, de l'humble vérité. Pour écrire ses livres, il a voulu faire appel non pas à l'inspiration, à l'exaltation, mais à une observation patiemment exacte : documentation historique minutieuse pour Salammbô ; souci des faits, des réalités pour Madame Bovary.
Il a pourtant autant de scrupules d'artiste, que de conscience réaliste. Il a travaillé son style avec une sorte d'entêtement farouche. L'attrait de son œuvre est dans cette fusion originale de l'ardeur romantique, de l'observation réaliste et du travail d'art des Parnassiens.