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DUMAS (fils)

Alexandre DUMAS, fils naturel de Dumas, auteur dramatique français, né à Paris en 1824, mort à Marly-le-Roy en 1895. Au sortir d'une jeunesse brillante, après un recueil de vers : Péchés de jeunesse, il donne la Dame aux camélias (1848), histoire de passion vécue qui développe le thème romantique de la courtisane réhabilitée. Cette histoire transportée à la scène, comme celle de Diane de Lys, et avec un grand succès, décida de sa carrière. Sans renoncer au roman et composant par exemple l'Affaire Clémenceau (1866), roman puissant à thèse judiciaire, se faisant l'apôtre du théâtre utile, voulant établir la « génération et la famille », comme il dit, sur l'amour, il donne des pièces, peintures de mœurs contemporaines, thèses morales et sociales, conduites de main  de maître malgré des procédée qui nous paraissent un peu artificiels aujourd'hui, où tout, action, tirades enflammées ou spirituelles, virulentes attaques contre les préjugés en cours et le Code en particulier, plaidoyers généreux en faveur de la femme et de l'enfant, tend au but visé, et qui soulevèrent de vives discussions dont l'écho se retrouve dans ses Préfaces, morceaux d'une verve savoureuse et piquante.

C'est tour à tour le Demi-monde (1855) et la Question d'argent (1857), le Fils naturel (1858), et un père prodigue (1859), l'Ami des femmes (1864) ; les Idées de Mme Aubray (1867); une Visite de noces, la Princesse Georges (1871) ; la Femme de Claude (1873); Monsieur Alphonse (1874) ; l'Etrangère (1876) ; la Princesse de Bagdad (1881) ; Denise enfin (1885) et Francillon (1887).
Dumas collabora aussi au Supplice d'une femme (1865) ; Héloïse Paranquet (1866) ; un Filleul de Pompignac (1876) ; aux Danicheff, à la Comtesse Romani (1877). Enfin il écrivit des brochures d'actualité : Lettre sur les choses du jour (1871) ; l'Homme-femme (1872) ; la Question du divorce (1880) ; la Recherche de la paternité (1883), sans parler de ses articles ou notes dramatiques. Académicien depuis 1874, il est mort laissant inachevées deux œuvres dramatiques : la Troublante, et la Route de Thèbes.

S'il faut avouer que chez lui la thèse fait parfois tort au drame même, que la vie ne circule pas dans ses comédies toujours aussi simple et aussi naturelle qu'on le désirerait, que l'intérêt des causes qu'il a plaidées s'est nécessairement affaibli aujourd'hui puisqu'elles n'ont plus besoin d'avocat, il faut convenir aussi que — une fois ces pièces replacées dans l'atmosphère qui les a vues naître — on ne peut qu'applaudir à la rare qualité d'un talent qui a su s'imposer — et imposer ses idées plus que révolutionnaires —à un public qui avait toutes les raisons d'être quelque peu récalcitrant.